Le Prix de l’AVENTURE : Partie 03

AVENTURIER

Arrivé au Canada en plein hiver, je suis accueilli par ma famille d’accueil à l’aéroport international Montréal-Trudeau. Submergé par toutes les émotions, je pouvais à peine manifester ma joie d’être bien arrivé sur le territoire canadien.

MUR NOIR

Rapidement, je me suis connecté au Wi-Fi de l’aéroport pour informer mes parents de mon arrivée au Canada.

Direction 《contrecœur》 où ma famille d’accueil me réserva un souper chaleureux.

Après les présentations, blagues, je me suis dépêché d’aller sous la douche afin de me rafraîchir et j’ai plongé dans le lit pour communiquer avec mes parents.

Ce fut une nuit de solitude. Tellement mes parents me manquaient que je ne pus m’empêcher de verser des larmes.

Au réveil, je me dirigeai vers le salon et commençai par faire des tâches quotidiennes. Ma famille d’accueil me donna des instructions avant de partir au travail. Première matinée au Québec, premier hiver, je me contentai d’observer la nature et l’architecture des maisons par la fenêtre.

PRISE DE DÉCISION

Ma famille d’accueil et moi avons commencé par planifier mes prochaines actions : compte en banque, numéro d’assurance sociale, carte de bus, etc. Une fois ma carte de bus obtenue, avec les directives de ma famille d’accueil, j’ai commencé par planifier mes itinéraires et faire des captures d’écran puisque je n’avais pas encore de forfait cellulaire faute de moyens.

Je me servais de mes captures pour me déplacer au centre-ville afin de créer mon compte en banque et explorer les opportunités d’emploi et de scolarité à moindre coût.

Je commençai par explorer les centres de formation professionnelle, mais après discussion avec mes futurs colocs, je décidai de rentrer à Trois-Rivières et de me préparer pour la rentrée hivernale 2020.

Arrivé à Trois-Rivières accompagné de ma famille d’accueil, nous faisons connaissance avec mes futurs colocs et je m’installe dans ma chambre.

Après le départ de ma famille d’accueil, j’entrepris des discussions avec mes futurs colocataires afin de faire connaissance et d’obtenir un accompagnement pour mon inscription à l’université pour une maîtrise. Suivant les directives de mes colocs, je parvins à finaliser mes formalités universitaires et commençai les cours.

UNIVERSITÉ ET SCOLARITÉ

La réflexion commence. Après mon inscription, j’obtiens une facture de 8000 $ à payer avant les examens de fin de session. Je me mis à convertir en CFA, monnaie du Togo, et me mis à parler seul, me demandant comment j’allais faire. Si j’avais eu cet argent au Togo, j’aurais monté mon entreprise en télécommunications et vécu de mon métier. Toutes les idées me venaient à l’esprit. Je décidai d’aller prendre une marche pour faire place à d’autres idées. Au retour de mes colocs, je suis allé discuter afin de trouver une solution.

Après trois mois de cours à l’université, la pandémie de COVID-19 survient , obligeant les écoles à passer en mode cours à distance via Zoom. Encore un grand chamboulement et le doute s’installe.

Mes colocs m’ont référé à une agence de placement qui m’a recruté pour travailler dans un abattoir de porcs. Entre cours et travail, mon horaire était millimétré. Je finissais mes cours d’avance et sautais dans le véhicule de l’agence pour aller enchaîner des quarts de travail allant de 8h à 16h. C’est comme ça que j’ai commencé à mettre de l’argent de côté. Je m’inscrivais à des banques alimentaires afin de moins dépenser pour mon épicerie.

Entre les cours, les quarts de travail, les banques alimentaires et cette pandémie qui bouleversait tout, je commençais enfin à mettre quelques dollars de côté. Mais une question demeurait, impossible à éviter : est-ce que cela allait suffire pour payer mes 8 000 $ de scolarité ?

Je pensais avoir trouvé une façon de survivre… sans savoir encore que les mois qui allaient suivre allaient mettre ma détermination à rude épreuve.

Dans la partie 04 du Prix de L’AVENTURE, je vous raconte comment j’ai tenté de payer mes études tout en traversant la pandémie, le travail, les difficultés financières et surtout… la solitude.

Partie 2 du Prix de L’AVENTURE

Une bonne nouvelle, ça se fête ! Mais parfois, la joie laisse vite place aux réalités à affronter. À peine le temps de savourer que déjà une question s’imposait : comment transformer mon rêve d’études au Canada en réalité ?

24 Heures Après le Visa

À peine 24 heures après l’obtention de mon visa d’études, alors que la ville dormait encore, mes parents et moi étions déjà réunis. Il était 5 h du matin, un moment hors du temps, chargé de réflexion, d’émotion et de décisions à prendre.

Ce matin-là, nous étions réunis pour faire les comptes du voyage : billets d’avion, vêtements d’hiver, argent de poche, loyer, frais de scolarité… La liste s’allongeait et, avec elle, notre inquiétude. Plus nous additionnions les montants, plus le rêve semblait impossible. Dans ma tête, une question persistait : si j’avais déjà une telle somme, pourquoi quitter mon pays que j’aime tant ? Mais mes parents, optimistes, étaient prêts à tout pour rendre ce projet possible, même s’il fallait vendre nos biens. Ils commencèrent alors à chercher des solutions auprès de leur entourage, tandis que moi, je redoublais d’efforts dans mon travail de technicien en télécommunications dans le but d’économiser pour couvrir une partie des dépenses du voyage.

Les jours passaient, et avec eux, l’espoir de concrétiser mon voyage s’amenuisait. Vendre une partie du bien immobilier familial ? Impossible, aucun acheteur en vue. La situation semblait sans issue… jusqu’à ce qu’une bonne volonté accepta de nous aider à réunir les fonds nécessaires. Et, comme un dernier coup de pouce du destin, ma grande sœur, malgré ses propres difficultés, a tenu à m’aider financièrement dans les préparatifs de mon voyage. Contre toute attente, tout s’est aligné. J’étais enfin prêt à partir.

Chance ou Destin ?

La question de mon accueil au Canada s’est posée de manière inattendue. C’était ma première fois dans un avion, et la première fois que je m’éloignais autant de mes parents. Aucun membre de ma famille ne vivait au Canada pour me recevoir. Heureusement, le destin a bien fait les choses : ma mère a rapidement retrouvé une de ses connaissances ayant des proches au Canada. Après avoir pris contact, tout a été mis en place pour que mon arrivée se passe dans les meilleures conditions.

C’est comme ça que je suis parti au Canada avec une somme approximative de 1500 $ canadiens. Somme avec laquelle je devais trouver un logement, me nourrir et payer une partie de mes études universitaires qui s’élevaient à 8000 $ canadiens par session.

Une nouvelle histoire commence

Pas de famille, pas de travail, pas d’argent pour mes études. C’est ainsi que tout a commencé. Perdu, sans repères, loin de ma famille, le doute s’est progressivement installé

Dans mon prochain article, 《Partie 3 du Prix de L’AVENTURE 》, je vous parlerai du mur noir auquel j’ai fait face au Canada pendantmes études universitaires.

Le Prix de L’AVENTURE

En 2019, face à une situation économique incertaine, mon père et moi avons pris une décision qui allait changer ma vie : tenter l’aventure canadienne.

En route pour l’aventure 🇨🇦

À cette époque, j’étais technicien autonome, diplômé d’une licence en télécommunications. Je travaillais comme sous-traitant pour un fournisseur d’accès internet Togolais. Cette expérience m’a forgé : chaque semaine, ma survie financière dépendait des installations que je réalisais.

Une question hantait constamment mon esprit : « Et si cette semaine, je ne décroche aucune installation… comment vais-je payer mes factures ? »

Un projet ambitieux prend forme

C’est dans ce contexte que mon père et moi avons cherché un plan de secours. Par chance, un de ses contacts possédait une agence de voyage spécialisée dans l’accompagnement des étudiants souhaitant poursuivre leurs études au Canada.

Petit à petit, tout commençait à se concrétiser. Pendant que je continuais à travailler, je mettais de l’argent de côté pour financer mon projet d’immigration. Les démarches avançaient bien, jusqu’à l’étape cruciale : la soumission de ma demande de permis d’études. Ce projet représentait tous mes espoirs, mais je savais qu’une fois au Canada, un nouveau combat commencerait.

L’épreuve du refus

Après des semaines d’attente, l’appel tant espéré arriva… mais ce n’était pas la réponse que j’espérais.

« Votre demande de visa a été refusée. »

Ce fut un véritable coup dur. Tous mes efforts et sacrifices semblaient s’effondrer en un instant. Découragé, perdu, je ne voyais plus d’issue. Mais mon père, avec sa sagesse, m’a réconforté et encouragé à comprendre les raisons du refus. Plutôt que d’abandonner, nous avons décidé de préparer une nouvelle demande.

Ne jamais abandonner

Pendant ce temps, je retrouvai mes forces et je continuai à travailler comme technicien autonome pour amasser un peu d’argent.

Retour au travail après mon refus de visa.

Finalement, après une nouvelle période d’attente, la réponse tant attendue est arrivée : mon visa était accepté !

C’était une explosion de joie pour mes parents et moi. Une étape venait d’être franchie, mais un autre défi nous attendait : comment financer mon projet ?

Je vous en parlerai dans mon prochain article…