
Arrivé au Canada en plein hiver, je suis accueilli par ma famille d’accueil à l’aéroport international Montréal-Trudeau. Submergé par toutes les émotions, je pouvais à peine manifester ma joie d’être bien arrivé sur le territoire canadien.
MUR NOIR
Rapidement, je me suis connecté au Wi-Fi de l’aéroport pour informer mes parents de mon arrivée au Canada.
Direction 《contrecœur》 où ma famille d’accueil me réserva un souper chaleureux.
Après les présentations, blagues, je me suis dépêché d’aller sous la douche afin de me rafraîchir et j’ai plongé dans le lit pour communiquer avec mes parents.
Ce fut une nuit de solitude. Tellement mes parents me manquaient que je ne pus m’empêcher de verser des larmes.
Au réveil, je me dirigeai vers le salon et commençai par faire des tâches quotidiennes. Ma famille d’accueil me donna des instructions avant de partir au travail. Première matinée au Québec, premier hiver, je me contentai d’observer la nature et l’architecture des maisons par la fenêtre.
PRISE DE DÉCISION
Ma famille d’accueil et moi avons commencé par planifier mes prochaines actions : compte en banque, numéro d’assurance sociale, carte de bus, etc. Une fois ma carte de bus obtenue, avec les directives de ma famille d’accueil, j’ai commencé par planifier mes itinéraires et faire des captures d’écran puisque je n’avais pas encore de forfait cellulaire faute de moyens.
Je me servais de mes captures pour me déplacer au centre-ville afin de créer mon compte en banque et explorer les opportunités d’emploi et de scolarité à moindre coût.
Je commençai par explorer les centres de formation professionnelle, mais après discussion avec mes futurs colocs, je décidai de rentrer à Trois-Rivières et de me préparer pour la rentrée hivernale 2020.
Arrivé à Trois-Rivières accompagné de ma famille d’accueil, nous faisons connaissance avec mes futurs colocs et je m’installe dans ma chambre.
Après le départ de ma famille d’accueil, j’entrepris des discussions avec mes futurs colocataires afin de faire connaissance et d’obtenir un accompagnement pour mon inscription à l’université pour une maîtrise. Suivant les directives de mes colocs, je parvins à finaliser mes formalités universitaires et commençai les cours.
UNIVERSITÉ ET SCOLARITÉ
La réflexion commence. Après mon inscription, j’obtiens une facture de 8000 $ à payer avant les examens de fin de session. Je me mis à convertir en CFA, monnaie du Togo, et me mis à parler seul, me demandant comment j’allais faire. Si j’avais eu cet argent au Togo, j’aurais monté mon entreprise en télécommunications et vécu de mon métier. Toutes les idées me venaient à l’esprit. Je décidai d’aller prendre une marche pour faire place à d’autres idées. Au retour de mes colocs, je suis allé discuter afin de trouver une solution.
Après trois mois de cours à l’université, la pandémie de COVID-19 survient , obligeant les écoles à passer en mode cours à distance via Zoom. Encore un grand chamboulement et le doute s’installe.
Mes colocs m’ont référé à une agence de placement qui m’a recruté pour travailler dans un abattoir de porcs. Entre cours et travail, mon horaire était millimétré. Je finissais mes cours d’avance et sautais dans le véhicule de l’agence pour aller enchaîner des quarts de travail allant de 8h à 16h. C’est comme ça que j’ai commencé à mettre de l’argent de côté. Je m’inscrivais à des banques alimentaires afin de moins dépenser pour mon épicerie.
Entre les cours, les quarts de travail, les banques alimentaires et cette pandémie qui bouleversait tout, je commençais enfin à mettre quelques dollars de côté. Mais une question demeurait, impossible à éviter : est-ce que cela allait suffire pour payer mes 8 000 $ de scolarité ?
Je pensais avoir trouvé une façon de survivre… sans savoir encore que les mois qui allaient suivre allaient mettre ma détermination à rude épreuve.
Dans la partie 04 du Prix de L’AVENTURE, je vous raconte comment j’ai tenté de payer mes études tout en traversant la pandémie, le travail, les difficultés financières et surtout… la solitude.